Saturday, February 7, 2009

Lien n° 5 (2009)

Editorial
“ Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde." (Mt 28, 19-20).

Chers frères et sœurs,

Telle est la mission que le Seigneur Jésus a laissée aux apôtres en particulier, à tous ces disciples en général et à tous ceux qui croiront en lui grâce au message de ses témoins. Saint Paul, dont nous célébrons l’année jubilaire fut un des grands champions de l’évangélisation. C’est lui qui s’exclamait « Malheur à moi, si je n’annonce pas l’Evangile. Cette mission est devenue le propre de l’Eglise, où à travers les siècles, beaucoup de missionnaires ont quitté leurs pays natals pour aller porter la Bonne Nouvelle dans d’autres pays, sous l’exhortation du Seigneur cité plus-haut. Voilà qu’ils sont même venus jusqu’en Afrique, qualifiée dans le temps, de «terre de missions ». Dans ce mouvement d’Evangélisation, la vie religieuse a pris forme, d’abord dans les Eglises évangélisatrices, puis dans les terres de mission. Elle avait et elle a pour but de rendre témoignage de la présence de Dieu au milieu de son peuple. La plupart de ces religieux sont venus porter la Bonne Nouvelle aux Nations à travers les œuvres caritatives comme l’assistance aux malades, aux orphelins, etc. ; d’autres sont venus en proclamant essentiellement la Parole de Dieu pour aider le peuple de Dieu à pénétrer davantage le mystère de leur foi, et d’autres encore pour vivre la vie contemplative. Ceux-ci essaient de faire comprendre et aimer la Parole de Dieu. Dans cette perspective, le synode des évêques réuni à Rome en octobre 2008, a interpellé tous les fidèles du Christ à développer leur amour de la parole de Dieu par sa lecture et sa méditation. Cette parole de Dieu a-t-elle déjà pris racines dans les églises africaines ? Si oui comment ? Si non pourquoi ? Ne faudrait-il pas, peut-être, partir des valeurs culturelles africaines pour asseoir la Bonne Nouvelle en Afrique ! Ne faudrait-il pas non plus abandonner certaines pratiques culturelles africaines qui feraient obstacles à la Bonne Nouvelle ! Il reste à tous et à chacun à faire face à ces réalités et à y apporter sa contribution personnelle en vue de l’édification de l’Eglise de Dieu qui est répandue sur toute la terre. Que la Vierge Marie, Reine des Apôtres, daigne intercéder pour tous ceux qui se déploient pour la cause du royaume de Dieu et de leurs frères !
JOYEUSES PAQUES A TOUS ET A TOUTES !

Frère Jean Claude-Marie NDATIMANA
et tous les Frères du Couvent Saint Elie de Bouar en RCA

La vie religieuse dans le contexte africain

La Conférence des Supérieurs Majeurs de la Centrafrique a dédié l’année 2008 à la vie religieuse. Dans ce cadre, plusieurs réflexions ont été menées sur la vie religieuse dans les différentes communautés religieuses répandues dans tous les diocèses du pays. Prenons à titre d’exemple un des thèmes qui ont été débattu dans notre couvent Saint Elie de Bouar : La vie religieuse dans le contexte africain. Nous avons voulu méditer sur ce thème, à la fin de cette année de la vie religieuse, pour rappeler aux religieux qu’il faut partir des réalités de la culture africaine, qui sont positives, pour donner un fondement solide à la vie religieuse en Afrique. Nous partagerons notre réflexion en deux volets. En premier lieu, nous évoquerons certaines valeurs culturelles africaines qui, en étant prises en considération, peuvent fonder une base solide à la vie consacrée en Afrique et ailleurs. En second lieu, nous allons montrer en quoi ces valeurs culturelles africaines peuvent concourir à l’enracinement de la vie religieuse. En effet, avant tout l’être africain est ontologiquement religieux. Il a la conscience d’un être transcendant qu’il appelle Dieu et qui le secourt dans tous les événements de sa vie. Cette présence de la notion de Dieu dans la mentalité africaine est un bon terrain pour les jeunes africains pour pouvoir entendre la voix de Dieu qui les appelle à vivre pour sa cause. Les jeunes qui entendent cette voix y répondent avec leurs valeurs culturelles qu’il faut prendre en considération. En parlant des valeurs de la culture africaine, nous pouvons évoquer la pratique de l’initiation traditionnelle. Cette étape de l’intégration des jeunes dans la vie adulte se fait loin de l’habitation familiale. Les parents, les grands frères et les voisins apprennent aux jeunes le détachement à leur famille, à prendre leur vie au sérieux, à s’engager pour leur vie et celle des autres, à être responsable dans tout ce qu’ils font. Par cet exercice, les jeunes acquièrent déjà le détachement que l’appel à la vie religieuse exige, car le jeune quitte sa famille biologique pour entrer dans une famille religieuse. Dans cette même culture africaine, il y a aussi l’exaltation de la fécondité, où pour les Africains, avoir beaucoup d’enfants est une bénédiction de Dieu, une richesse pour la famille. C’est à partir de cette fécondité humaine qui donne la vie, que les jeunes qui veulent s’orienter dans la vie religieuse, devraient partir et lui donner un nouveau sens, qui est la fécondité spirituelle, laquelle embrasse un champ plus vaste et relève d’un choix libre pour une cause supérieure. Cette fécondité spirituelle conçue à partir de la fécondité humaine peut aider les jeunes à intégrer le vœu de chasteté. Il y a aussi l’exercice de l’autorité dans les familles africaines où les enfants doivent le respect et l’obéissance d’abord à leurs parents, à tous ceux qui leur sont supérieurs, à leurs égaux et même aux plus petits qu’eux. Cette valeur africaine, si elle est bien vécue en famille, dans l’entente, le dialogue et la collaboration, servira à fonder le vœu d’obéissance plus tard dans la vie religieuse. Enfin, nous pouvons évoquer les valeurs comme le partage, la solidarité, l’hospitalité et bien d’autres, qui étant bien vécues dans le cadre familial serviront à fonder le vœu de pauvreté et à promouvoir une vie fraternelle dans les communautés religieuses. Il est souhaitable que les formateurs et les formés, ici dans le contexte africain, puissent partir de ces valeurs culturelles africaines pour donner et recevoir une meilleure formation religieuse basée sur les réalités africaines ! Les personnes consacrées doivent vivre au cœur du monde en donnant de bons témoignages car le monde les regarde plus qu’il ne les écoute!
Jean Claude- Marie NDATIMANA

Les ordinations presbytérales

Nous avons eu de grandes merveilles dans nos délégations respectives, entre autres les ordinations presbytérales des Frères : Mesmin Martinus Dinbgedi, (ocd), Jean Bosco de l’Incarnation, ocd de la délégation Rwanda-Burundi, Daniel Kourssou des Anges, ocd et l’abbé Francis Synclair Siki de l’Arbre de Vie, communauté nouvelle.

Ordination presbytérale du Fr. Mesmin Martinus Dinbgedi

Pour le frère Mesmim Martinus DINBGEDI de la sainte famille, le 18 mai 2007, jour de son ordination presbytérale dans la paroisse Notre Dame d’Afrique de Bangui, est un jour inoubliable dans son histoire personnelle. La célébration eucharistique a été présidée par son Excellence Mgr Paulin POMODIMO, Archevêque de Bangui, concélébrée par de nombreux prêtres de diverses congrégations et issus de tous les coins de la Centrafrique. Elle a été honorée par la présence du Nonce Apostolique. Les frères Carmes étaient présents pour soutenir le futur prêtre, leur confrère. La messe d’ordination a duré environ quatre heures. Elle était caractérisée par la joie qui rayonnait sur les visages de tous les participants, en particulier la chorale qui avait essayé d’harmoniser les chants en langue de manière à faire participer tout le monde. C’est le Révérend père Augustino, père provincial, qui a aidé le nouvel ordonné à revêtir les vêtements sacerdotaux. Voici la parole qui accompagnait les embrassades de vœux de félicitation du Père Provincial : «Tous mes vœux Père Mesmin et que Dieu t’accorde la fidélité et l’enthousiasme tout au long de la vie de ton ministère. » Le père Mesmin, dans sa parole de remerciement, a manifesté sa reconnaissance envers tous ceux qui l’ont suivi et ont contribué à sa formation sacerdotale. En premier lieu, les remerciements ont été adressés à l’Evêque qui a daigné laisser toutes ses occupations pastorales pour cet heureux événement. Au provincial et à tout le groupe des formateurs, il a donné toutes ses bénédictions pour la tendresse et la délicatesse déployées à son égard. A toute l’assemblée, plus spécialement les jeunes, il a rappelé la nécessité des vocations en Centrafrique. Et à ses frères cadets Carmes, il a souhaité grand courage dans la formation, malgré les difficultés. La célébration a été suivie d’un repas fraternel préparé par sa famille naturelle en franche collaboration avec sa famille religieuse. On a confié au Père Mesmin, la responsabilité du 1er cycle du séminaire de Yolé-Carmes dans le diocèse de Bouar.

Ordination presbytérale du frère Jean-Bosco

« Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur ! » (Ps115,12-13). Le 23 août 2008, le frère Jean-Bosco, Carme Déchaux a été consacré prêtre par S.E. Simon NTAMWANA, Archevêque de Gitega, dans la paroisse de Makebuko dans l’archidiocèse de Gitega au Burundi. L’ordination a coïncidé avec le jubilé de 75ans de la fondation de la paroisse de Makebuko. La paroisse a été fondée en 1933 par Mgr Gorgie. Actuellement la paroisse compte plus de 70000 chrétiens et 110000 baptisés dans la paroisse. La paroisse de Makebuko est à l’origine de cinq paroisses : Bukirasazi, Buhoro, Ndava, Ntita et Muriza (actuellement dans le Diocèse de Ruyigi.) C’est le père Fernayo qui le premier a fondé l’école des filles. Les premiers prêtres furent l’abbé NIBIZI Gaspard et l’abbé Martin. La paroisse compte 16 prêtres natifs et œuvrant dans d’autres diocèses. Quelques-uns sont en mission, Il y a 28 religieuses de congrégations diverses. On trouve un élan considérable dans la chrétienté de cette paroisse. On remercie beaucoup les premiers missionnaires qui ont implanté l’Evangile dans cette paroisse, entre autres, les Pères Brossi, Pierre Baranyizigiye et l’abbé Gahebe qui a exercé sa charge de curé pendant 27ans. Le curé de la paroisse, dans son mot d’accueil, a remercié vivement toute l’assemblée venue des environs et de loin, en particulier, la famille Carmélitaine. Après quoi, il a invité les fidèles à louer Dieu pour ces deux événements coïncidant providentiellement, en ces termes : « Rien n’est plus merveilleux, que cette coïncidence du présent Jubilé avec l’ordination du diacre Fr. Jean-Bosco, deuxième Carme de notre paroisse. Révérend frère J-Bosco, sois fort, sois courageux, sois humble à l’exemple du Christ fait chair dans le sein virginal de la Sainte Vierge, pour prendre sur ses épaules les péchés des hommes. » ; toute la célébration s’est déroulée dans une joie inexprimable. Les visages des fidèles rayonnaient la joie et l’allégresse. En effet, Dieu a comblé la paroisse Makebuko de bien de manières. Une foule immense ne tarde pas à chanter les hymnes de louanges et les cantiques nouveaux pour tant de bienfaits que le Seigneur ne cesse de prodiguer à son peuple. La parole de vie de cette circonstance a été longuement méditée : « Sans moi vous ne pouvez rien faire: tutari kumwe ntaco mwokwishoboza ». ( Jn15,5) Le lendemain de son ordination, le 24-8-2008, le Père Jean Bosco offrira une messe d’action de grâce en la chapelle de Nyamagandika, où il a grandi. Là aussi, les chrétiens de cette chapelle rayonnaient d’une joie inexprimable. Leurs voix laissaient paraître sur leurs visages les merveilles que Dieu accomplit à leur égard. Le Père Libère Marie SARUYE, ocd dans son homélie a rappelé, avec opportunité, à toute l’assemblée la triple fonction du prêtre qui est d’enseigner, de sanctifier et de gouverner le peuple de Dieu. Le père Libère a rappelé que le nouveau prêtre Jean Bosco, ne doit pas penser que tout sera facile, il aura, aussi, à affronter maintes difficultés. Mais celui qui l’a appelé à cette admirable mission en a affronté autant. Une seule chose suffit : les épreuves justifient la qualité de notre foi. Pour cette raison, le père prédicateur a demandé aux chrétiens de soutenir le père Jean Bosco par leurs prières incessantes. Que le Seigneur, qui a choisi son humble serviteur, l’accompagne tout au long de son ministère !

Ordination du frère Daniel KOURSSOU des Anges

Un des frères de RCA a eu la grâce de vivre une année de vie fraternelle et pastorale dans la communauté des frères Carmes d’Arenzano. Après ce temps d’expérience en Italie, il a été ordonné prêtre dans le sanctuaire de l’Enfant Jésus, d’où étaient partis, en 1971, les premiers missionnaires Carmes pour la RCA. Cette ordination a été une grande joie et une grande fête pour toute la province de Gènes et aussi pour tous les fidèles d’Arenzano, qui ont pu faire connaissance avec le futur prêtre. L’ordination a eu lieu le samedi le 30 août 2008 vers 10 h 30. La célébration a été présidée par Mgr Agostino Delphino, capucin italien, Evêque du Diocèse de Berberati située à l’ouest de Bangui, en République Centrafricaine. La cérémonie a été bien organisée par les Pères du Sanctuaire de l’Enfant Jésus d’Arenzano, les frères étudiants, les séminaristes, les sœurs et les parents des séminaristes. La belle chorale a exécuté quelques chants en Sango pour que l’ordinand se sente en communion avec les frères de son pays natal. Et d’ailleurs lui-même témoigne : « Nous sommes toujours en mission pour le Seigneur. » Dans son homélie, l’Evêque s’est adressé au frère Daniel en italien en l’encourageant avec des mots émouvants. Il lui a dit que, dorénavant, il doit être « un autre Jésus » et qu’avant d’annoncer l’Evangile, il devra d’abord s’engager dans la prière pour être en communion avec Jésus. Et il l’a assuré de sa prière pour la fidélité à sa vocation sacerdotale. A la fin de l’homélie, il s’est adressé à lui en langue « Sango » pendant quelques minutes. Les fidèles ont été étonnés par ce langage, qui leur semblait étrange. Vers la fin de la messe, le Père Roberto NAVA qui représentait le délégué provincial de la RCA a prononcé des mots de félicitation au nouvel ordonné en lui assurant la proximité spirituelle de tous les frères de la délégation. Le père provincial quant à lui, a manifesté sa joie et dit ses meilleurs vœux au père Daniel. Enfin, le père Daniel a pris la parole pour remercier le Seigneur et tous les Pères et frères qui l’ont aidé dans son chemin vers le sacerdoce, en ces termes : “Mille grazie a tutte le persone conosciute o conosciute , che hanno contribuito a farmi raggiungere il mio sacerdozio.Tufa ti Nzapa na ndo ti ala !”: Merci beaucoup à tous les gens connus et inconnus qui ont contribué à me faire parvenir au sacerdoce. Que l’Esprit Saint soit sur eux ! Nous avons pu lui demander ses impressions. Il a répondu : Avant mon ordination sacerdotale, j’ai fait une préparation spirituelle de retraite à S.Anna (Ge) avec le P. Dominique (du 09 au 15 août) et du 16 au 23 août, un pèlerinage en Espagne et à Lourdes avec tous les étudiants, le P. Prieur de S.Anna, le P. Dominique maître des étudiants et l’évêque auxiliaire de Genova (Luigi Paletti). Nous étions 14. Nous sommes allés visiter les lieux de nos Saints Réformateurs (Thérèse d’Avila et Jean de la Croix). C’est une belle expérience qui m’a marqué pour la vie… Quant à mon ordination à l'étranger, elle est le fait que nous sommes de la même Province. Alors j'ai décidé de la faire dans le sanctuaire de l'Enfant de Prague à Arenzano pendant l’année du centenaire de son existence. Après la messe, nous sommes allés du sanctuaire au petit séminaire pour un rafraîchissement fraternel avec l’Evêque, les frères carmes les sœurs Carmélites ainsi que les amis de la mission et les connaissances dont deux prêtres Abbés centrafricains du diocèse de Berberati qui sont en train de suivre une formation de spécialisation en Italie. Il y avait une délégation de consacrés venue des communautés diverses et les fidèles de la chapelle d’Arenzano. Le Père Daniel a dit sa première messe le soir de l’ordination au sanctuaire d’Arenzano. Il y avait aussi des représentants de la Centrafrique, le père Thierry Charles, un abbé de Bangui (ZEPHYRIN) et un séminariste, Roger du diocèse de Berberati (à Nola). Beaucoup de laïcs qui ont été en Centrafrique sont venus de tous les coins de l’Italie. Nous remercions le Bon Dieu pour ce don du père Daniel accordé à l’ordre des Carmes Déchaux et à l’Eglise Universelle. Nous prions pour son ministère en Italie, en RCA et partout où le Seigneur l’enverra. Que la Vierge Marie, Reine des Pasteurs, garde le père Daniel et que les Anges gardiens auxquels il a confié le patronage de sa vie consacrée, veillent sur sa mission de sanctifier, de prêcher et de gouverner le peuple de Dieu.

Ordination presbytérale de l’abbé Francis Synclair Siki

Justifier Le 28-9-2008, dans le diocèse de Bangui, l’Eglise a reçu un don de trois prêtres dont l’abbé Francis Synclair Siki et ses collègues l’abbé Jésus Martial et l’abbé Michel Venceslas de la main de son Excellence Mgr Paulin POMODIMO Archevêque de Bangui dans la paroisse Saint Sauveur. Parmi les trois ordinands, Francis SIKI est membre de la communauté de l’Arbre de Vie sise à Bangui. Celui-ci a suivi ses études de théologie à la Maison d’Etudes Inter-congrégations Saint-Laurent chez les Capucins à Bouar. L’abbé Francis, durant ses études de théologie, était hébergé au couvent des Frères Carmes de Saint Elie à Bouar où il participait à part entière à la vie communautaire. C’est pourquoi, un groupe de cinq frères venus de Saint Elie est allé à Bangui pour partager la joie d’action de grâce pour l’ordination presbytérale de l’abbé Francis Mgr Paulin, dans l’homélie qu’il a prononcée pour cette circonstance, a interpellé les ordinands pour qu’ils lui soient toujours obéissants dans un esprit de dialogue en vue de la sanctification du peuple de l’Eglise qui leur est confié. L’Abbé Francis dans son remerciement, a manifesté sa reconnaissance et sa gratitude envers toutes les personnes qui ont contribué à la réussite de sa formation et il leur a demandé de le soutenir dans son ministère par la prière et les conseils. Le jour même des ordinations, l’abbé Francis a été nommé vicaire du curé de la Cathédrale Saint Michel de Bangui et aumônier diocésain du mouvement scout durant l’année pastorale 2008-2009. Que le Seigneur, source de toutes grâces, fasse fleurir les dons de ce nouveau prêtre auprès des fidèles de l’Eglise de Bangui !

Le Carmel Rwanda-Burundi

La délégation Rwanda-Burundi est une délégation qui a vu le jour en 1971 au Burundi dans la paroisse de Mpinga, diocèse de Ruyigi grâce aux missionnaires, Pères Carmes Déchaux, venant de Pologne de la Province de Cracovie. Après quelques années, les Carmes se sont déplacés vers une autre paroisse, à Musongati, dans le même diocèse. Suite à la persécution religieuse qu’a connue l’Eglise du Burundi, les Carmes furent chassés du pays comme tous les autres missionnaires. Sous le gouvernement de l’ex-Président du Burundi BAGAZA Jean Baptiste, les Carmes ont pu s’installer dans le diocèse de Butare au Rwanda, d’abord comme réfugiés, et ensuite ils ont implanté le carmel en 1984 dans la paroisse de Rugango de ce diocèse. Maintenant la délégation dépend directement de la province de Cracovie et possède quatre communautés : il s’agit d’abord de deux communautés au Burundi : une paroisse à Musongati et une petite communauté d'étudiants en philosophie à Bujumbura ; ensuite de deux communautés au Rwanda : une paroisse à Gahunga dans le diocèse de Ruhengeri, et la communauté de Butare. Cette dernière est une maison d’accueil pour toute personne qui veut se ressourcer ou se recréer spirituellement. Elle organise des récollections mensuelles, des retraites annuelles ; elle accueille des groupes de prières (comme les mouvements d’action catholique), des petits groupes de personnes, des fiancés etc. Cette année la maison a ouvert une Ecole de Prière. Le processus de formation se déroule de la façon suivante : on passe une année de postulat et une année canonique de noviciat dans la communauté de Butare. La date d’entrée et de la fin du noviciat est stable : on commence le 14 août avec la prise d’habit et on termine le 15 août de l’année suivante avec la profession des premiers vœux religieux. Ensuite, c’est l’étape de la philosophie qui se fait maintenant au Grand Séminaire Saint Jean-Marie Vianney de Bujumbura. Après cette étape, vient la théologie. Ces années-ci, les frères la font avec ceux de la délégation centrafricaine de la Province de Gènes (en Italie) dans l’Institut Inter-congrégations Saint Laurent des frères capucins à Bouar. On reçoit les ministères du diaconat et du sacerdoce après la fin des études théologiques. Actuellement la délégation compte quatre nationalités différentes : polonaise, rwandaise, burundaise et américaine. Les jeunes en formation sont au nombre de quatorze suivant les étapes différentes de la formation : deux postulants et deux novices à Butare, quatre étudiants en philosophie à Bujumbura, cinq étudiants en théologie en République Centrafricaine et un en Pologne.
Fr. Célestin MUHIRE

Visites de nos Supérieurs

1. Le Préposé Général de l’Ordre du Carmel dans la Délégation Rwanda-Burundi
Le 18 juillet 2008, le Père Luis Arostegui, Père Général, est arrivé en visite dans la délégation du Rwanda-Burundi. La première visite a été effectuée à la maison de formation de Bujumbura. Le Père Général a été accueilli par les frères de la communauté de Bujumbura, où résident les frères étudiants en philosophie au Grand Séminaire inter-diocésain du Burundi, saint Jean-Marie Vianney. Au début de sa rencontre avec les frères, il a souligné l’objectif de sa visite en rappelant brièvement sa mission. Celle-ci concerne la vitalité de l’Ordre au service de l’Eglise en rappelant aux chrétiens de recourir à l’Unique nécessaire. Le carmel est un don de Dieu accordé à l’Eglise en particulier et au monde entier en général. Par nos saints parents tels que Saint Jean de la Croix et Sainte Thérèse, l’Eglise a eu un modèle à imiter pour arriver à l’union avec Dieu. La visite du Père Général avait un triple motif : une visite pastorale, rencontrer les frères en vue de renforcer les liens fraternels, et visiter aussi le Burundi, pays d’origine du Père Antoine-Marie Zacharie, ocd, Définiteur Général de l’Afrique et de Madagascar. Du 19 au 30 juillet 2008, le Père Général a visité la communauté de Musongati dans le Diocèse de Ruyigi, rencontré l’Ordinaire du lieu Mgr Joseph NDUHIRUBUSA, Evêque de Ruyigi, visité également le monastère des Carmélites Déchaussées de Cyangugu au Rwanda en transition de Bukavu (RDC) et s’est entretenu avec tous les frères de la délégation Rwanda-Burundi à Muyange à Kayanza au Burundi. Le 30 juillet 2008, il est rentré en Italie. Il a célébré la messe d’action de grâce, pour cette visite, en la chapelle de la communauté de Bujumbura. Dans son homélie, le Père Général a rappelé l’exhortation de notre Mère Sainte Thérèse à propos de l’oraison où l’âme cherche une affinité avec le Dieu Vivant. Ainsi l’âme aboutit à une grande richesse car « solo Dios basta : Dieu Seul suffit. »

2. Le 11 août 2008 : Le Père Albert WACH, Provincial de Cracovie, est arrivé en visite dans la délégation Rwanda-Burundi. Au cours de cette visite fraternelle le père a pu rencontrer les frères de toutes les maisons de la délégation. Il a également accueilli les nouveaux frères profès dans la famille carmélitaine et a participé à l’ordination presbytérale du Père Jean Bosco CISHAHAYO.
Fr. Jean Marie Vianney SAKUBU La profession religieuse au Rwanda-Burundi A la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie au Ciel, le 15 août 2008, les novices MUHIRE Célestin Marie du Saint Sacrement, MWOROHA, Jean-Claude Michel de Notre-Dame des Douleurs et UWUKUNDA Olivier Pacifique Marie de l’Incarnation, ont fait leur profession temporelle en la chapelle Mater Carmeli des Pères Carmes Déchaux de Butare au Rwanda. La prière était focalisée sur ces mots : « Komeza intambwe zanyje Nyagasani ngukurikire ntandabirana, mubuzima bwanyje bwose ngukorere : Seigneur, fortifie mes pas afin que je te suive sans trébucher et que je te serve tout au long de ma vie.» Dans son homélie, le Père Provincial a parcouru la spiritualité de nos saints parents en insistant sur le sens des vœux de chasteté, pauvreté et obéissance selon la conception de notre mère Sainte Thérèse. Il a encouragé les nouveaux frères à suivre la voie de l’amour et de la persévérance en mettant toute leur confiance dans la grâce de Dieu.
Fr. Jean Marie Vianney SAKUBU

LES VACANCES A BANGUI

Nous, frères Gallican NDUWIMANA et Jean-Claude M. NDATIMANA, nous voulons vous partager ce que nous avons vécu durant les grandes vacances, que nous avons passé en Centrafrique, précisément à Bangui du 25/6 au 8/7/2008. En effet, étant donné que nous allons au RWANDA pour les vacances tous les deux ans, les grandes vacances dernières, nous les avons passées à Bangui dans les familles de nos confrères carmes centrafricains. Nous avons été très chaleureusement accueillis par les parents, les frères et sœurs de nos confrères, et la sollicitude qu’ils avaient envers nous, n’était pas différente de celle que nos parents de sang nous montre quand nous allons au pays. La nostalgie, que nous avions de les voir, a diminué parce que nous avions trouvé d’autres parents. Cela met en exergue le sens de l’accueil, de la fraternité et de la solidarité qui caractérisent jusqu’à aujourd’hui la culture africaine. Que le Seigneur les bénisse et leur donne d’être toujours accueillant à la manière du Christ ! Ce temps de vacances a été pour nous très épanouissant et nous en avons été très fiers. Nous avons pu visiter également bien de familles rwandaises résidentes à Bangui qui nous ont accueillies, elles aussi, très chaleureusement, et nous avons revécu notre communion telle qu’elle est dans notre culture rwandaise. Nous avons pu aussi faire une visite à NGUKOMBA à 22km de Bangui, un lieu de pèlerinage marial. Au terme de nos vacances, nous avons regagné notre communauté Saint Elie de Bouar. Fr. Jean Claude- Marie NDATIMANA Les vacances en paroisse Après deux années d’études intenses de philosophie, les trois frères : Jean-Marie Vianney UWAMUNGU, Jean-Marie Vianney SAKUBU et Jean-Paul Amédée NZEYIMANA sont allés pour trois mois au Rwanda dans leur délégation respective. Arrivés là bas, ils sont allés dans leurs paroisses de Gahunga et de Musongati, après quinze jours de vacances en famille. Cela leur a permis de faire une expérience de vie communautaire plus active. Pendant ces deux années d’études, le rythme était adapté et les contacts avec les autres réalités en furent modifiés. Ce temps en paroisse donne l’occasion de voir et d’expérimenter ce que les frères ont appris de façon théorique dans leurs études. Souvent les responsables leur confient des charges qui leur permettent d’exercer la pastorale. Alors, ils peuvent se réjouir de tout le chemin parcouru, et en même temps mesurer le travail à accomplir pour mûrir dans leur vocation sacerdotale. Ces changements peuvent être source d’une expérience unique et d’une véritable croissance humaine et spirituelle. Cet enrichissement est bien utile pour la suite et donne une ouverture d’esprit pour bien suivre et continuer les études théologiques. Ce temps d’insertion est l’occasion de faire le point au cœur même du cursus d’études, de vérifier la vocation communautaire et sacerdotale. Les frères peuvent approfondir d’une façon unique cet appel que Dieu a semé dans leurs cœurs, surtout en se confrontant à la réalité concrète de la vie à la paroisse. Après ce temps, les deux frères : Jean-Marie Vianney UWAMUNGU et Jean-Marie Vianney SAKUBU avec le frère Célestin MUHIRE qui venait d’achever son noviciat, sont retournés en République centrafricaine pour les études théologiques, tandis que le frère Jean-Paul Amédée NZEYIMANA est allé continuer ses études en Pologne. Le cursus d’études théologiques durera quatre ans. Les cours de théologie sont données par les prêtres religieux des maisons de formation et certains prêtres diocésains. La première finalité de ces études, n’est pas d’acquérir une compétence intellectuelle, mais d’entrer dans l’intelligence du mystère de la foi. L’effort devra se prolonger ultérieurement soit par des études plus poussées mais aussi et surtout au cœur de l’expérience, qui conduit le prêtre à faire découvrir aux autres ces richesses. La vie fraternelle vécue dans chacune de nos maisons de formation nous ramène à la vérité du Christ dans une vie toujours plus offerte aux autres et marquée par la dimension du service. La plus grande joie qu’on puisse avoir est de se mettre au service des autres, dans un débordement de la charité du cœur du Christ, et un joyeux effacement de soi.
Fr. J.M.Vianney UWAMUNGU

Session des grands séminaristes
du Diocèse de Bouar en RCA


Du 2 au 3 août 2008, les séminaristes du diocèse de Bouar se sont rencontrés au Centre Saint Joseph de Bouar pour partager les expériences de la vie menée durant toute l’année académique qui venait de s’écouler. Parmi ces séminaristes, il y avait les Diocésains, les Capucins, les Betharamites et les Carmes. Au total nous étions trente cinq. Dans la matinée du 2 août, nous avons débuté notre session par une conférence donnée par l’abbé Milek, le vicaire épiscopal de Bouar. Il nous a entretenus sur : Le rôle et les attentes des jeunes dans l’Eglise de Bouar. Avant d’entrer dans le vif du sujet, il a attiré notre attention en nous rappelant que dès le 29/6 2008 jusqu’au 29/6/2009, nous sommes dans l’année dédiée à Saint Paul. Saul, est devenu Paul après sa conversion, et sa conversion a entraîné celle de ceux à qui Jésus l’a envoyé. Il en est de même pour nous aujourd’hui, avant d’aller porter le message de conversion aux fidèles à qui nous sommes envoyés, particulièrement les jeunes, ici, dans la perspective de la session, la conversion doit commencer par nous-mêmes afin de donner aux autres ce que nous avons. Ainsi notre message accompagné de témoignage sera bien accueilli et portera de bons fruits chez les jeunes. Les jeunes ont également besoin d’être écoutés, c’est à nous de nous y disposer et de leur offrir les occasions de rencontrer le Seigneur. Après l’exposé sur le thème du jour, la session a continué par des moments de partage des expériences des différents séminaristes présents. Ils ont parlé de leur apostolat auprès des jeunes, des succès et des échecs qu’ils ont rencontrés. Le deuxième jour de la session a commencé par une messe d’action de grâce, pour les vocations des différents jeunes séminaristes qui étaient présents, pendant laquelle nous avons prié pour leur fidélité à l’appel de Dieu et pour les vocations des autres jeunes qui sont en recherche. Après la messe, les activités de la session se sont poursuivies avec les élections du nouveau comité d’organisation de l’unité de tous les grands séminaristes de Bouar. Signalons ici, que ce comité est chargé, en plus des rencontres comme celle-ci, de préparer et publier la revue « Ephata » des grands séminaristes de Bouar, dans laquelle sont mentionnés certains articles spirituels, et les chroniques des différentes communautés dont sont issus ces séminaristes. La session a continué et s’est terminée par des moments de partage d’expériences pastorales vécues par certains séminaristes dans leurs lieux de stage.
Fr. Jean Claude-Marie NDATIMANA

Séjour du Frère Jean Paul
à Cracovie en Pologne


Au sujet du voyage Kigali-Cracovie, tout s’est bien passé, Dieu merci ! Nous avons atterri à l’Aéroport international de Cracovie à douze heures quarante cinq minutes, heure locale, après une escale à Bruxelles. A l’aéroport nous attendaient le Père Piotr et le Frère Bogdan qui nous ont conduits à la maison provinciale, où j’ai passé une nuit. Le lendemain, j’ai rejoint la maison de formation (theologicum) de Cracovie. Là aussi j’y ai passé une nuit, et le lendemain, j’ai accompagné le Père Mathias dans son village natal. Avec lui nous avons passé une semaine sous le toit de sa maison familiale. De là, je l’ai accompagné à Toruń, toujours dans le cadre de l’animation missionnaire. Et là, j’ai pu voir à quoi ressemble le dimanche dans une paroisse polonaise. Neuf messes, et à chaque fois l’église était pleine à craquer. Cela m’a permis alors de casser tous les préjugés que j’avais sur la Pologne et sur toute l’Europe. En effet, dans mes pensées j’avais une image des églises européennes désertes parfois même transformées en monuments historiques. Eh bien ! ce n’est pas le cas en Pologne. Les églises en Pologne sont un lieu où l’homme rencontre son Dieu dans le silence. C’est très rare (à ce que j’ai vu) que les églises en Pologne soient désertes. A chaque heure de la journée, il y a des fidèles dans l’église qui récitent le chapelet ou qui viennent pour le sacrement de réconciliation. Apres une semaine passée à Lipinki, je suis rentré de nouveau à Cracovie et cette fois pour me préparer, en suivant un cours de deux semaines, qui devait jeter les jalons de mon cours de langue polonaise. Comme compagne de classe, j’avais une allemande qui, elle aussi, comme moi, se préparait aux études en Pologne, mais en anglais. Au terme de ce cours, je suis parti directement pour Lublin, où je dois suivre un cours de langue qui s’étend sur toute une année académique. En route vers Lublin, nous nous sommes arrêtés, le Père Mathias et moi à Poznań, toujours dans le cadre de l’animation missionnaire. Et là, j’ai eu l’occasion de causer avec l’un des quatre vicaires de la paroisse Dom Bosco de Poznań. « Je suis content de la participation massive de nos paroissiens. En même temps je m’inquiète du sort que va subir l’Eglise polonaise dans un futur proche ! » m’a t-il confié. Ce jeune abbé, Docteur en théologie dogmatique, dispense la catéchèse dans les écoles secondaires établies sur le territoire de cette paroisse citadine. « Beaucoup de mes élèves déclarent ne pas croire en la Sainte Trinité et autres dogmes capitaux de la foi catholique, telle que la Résurrection du Christ. Par conséquent, le taux de participation, des jeunes à la messe dominicale et dans les autres activités de la vie paroissiale, reste très faible ». En effet chers frères, l’adhésion de la Pologne en 2004 à l’Union Européenne a permis aux polonais de voyager dans toute l’Europe, et surtout l’Europe occidentale. En contact avec l’Europe occidentale, les jeunes polonais se sont appropriés une autre façon de voir les choses, et de vivre, inspirée par le style occidental: « Travaille beaucoup et gagne plus ». Chers frères et sœurs, quand bien même les choses évolueraient de cette manière, la situation n’est pas encore alarmante du côté de la vie consacrée. Les quelques séminaires que j’aie eu l’occasion de visiter durant mes premiers jours en Pologne m’ont donné une bonne image. Aujourd’hui les jeunes polonais qui consacrent généreusement leur vie au Seigneur sont encore nombreux. Pour ce qui est de notre province, actuellement, il y a au postulat huit jeunes qui ont commencé cette année leur formation initiale, quatre novices, et six frères étudiants en deuxième année de philosophie. Le cycle de théologie compte à lui seul douze frères. Nous avons aussi deux jeunes diacres qui attendent leur ordination sacerdotale d’ici quelques jours. Pour ce qui est de mon apprentissage de la langue, je tiens à souligner que pour apprendre le polonais il faut mémoriser beaucoup de choses, et aussi travailler la prononciation ainsi que la déclinaison qui est la plus compliquée des langues slaves. Actuellement je suis conventuel dans une maison qui abrite le Philosophicum des pères Carmes de la province du sud (Cracovie). Au total, cette maison compte dix-sept membres, dont huit Prêtres (communauté formative), six étudiants philosophes en deuxième année, deux frères non-clercs et moi, qui fréquente l’Université catholique Jean-Paul II de Lublin. Pour compagnons de classe j’ai une allemande d’origine syrienne et trois français. Dans cette communauté, conformément à la volonté de notre saint-Père Jean de la Croix, les frères étudiants sont, avant tout, des religieux. Les étudiants prennent une part active à la vie de la communauté. Ils animent des groupes de prières et accompagnent des jeunes en recherche. En plus de cela, les frères font quelques travaux manuels pour équilibrer leur vie, comme la cuisine, etc. Chers frères et sœurs, voilà en peu de mots comment se déroule mon intégration dans cette nouvelle communauté. Jusqu’ici les grands problèmes que j’ai rencontrés restent le climat et la langue. Non seulement le climat est très froid, mais il est très variable, ce qui pose des problèmes d’adaptation. Pour ce qui est de la langue je continue toujours l’apprentissage et je profite de cette occasion pour remercier du fond de mon cœur les frères de la communauté. Ils m’ont aidé d’abord à m’intégrer dans la nouvelle communauté et sont toujours restés à mes côtés pour m’aider à apprendre la langue. Que le Seigneur les bénisse !

Fr. Amédée-Jean- Paul NZEYIMANA

Petit poème

Ma découverte au Carmel

Tel un or caché et précieux

Enfoui dans le jardin enfin acheté ;

Le Carmel est ce champ où on entre

Par la mort de soi à Dieu et à autrui.

L’homme au cœur simple et humble

Découvre cette mine inépuisable de son âme ;

Et fait enfin tout ce qui est à sa portée pour s’approprier de ce champ.

En trouvant Dieu, l’homme avisé,

L’homme appelé et qui a répondu,
Se découvre lui-même sans être déguisé
Et travaille à la hâte comme l’enfant mordu
Pour qui apporter tout genre de soin

Lui est plus profitable que tout autre propos
Et ayant refusé aux âmes et corps tout repos
Et travaille à la contribution de sanctification des siens
Ayant vu que tout pour lui est rien
Pour n’être que tout ce que Dieu voudra

Et toute perte apparemment visible qui prévaudra
Ce qu’il n’avait jamais imaginé Car la toute bonté infinie de sa Majesté
Lui inspire la vraie valeur de chasteté

D’obéissance et de pauvreté toutes devenues innées

Renvoyer un ouvrier entré en travail

A la première heure ressemble à jeter
Tout l’or trouvé dans le gisement
Alors qu’après cette couche de vase

Toute la pureté et la beauté extrêmes

Semblent marquées là pour toi et pour tous

Cueillez alors cet or précieux et mangez-en les fruits !


Fr. Jean Marie Vianney SAKUBU

LES NOUVELLES DE LA MAISON DE FORMATION : COUVENT SAINT ELIE

Dans nos derniers numéros nous avons essayé de vous informer sur l’historique du couvent Saint Élie où nous sommes depuis quatre ans. Chaque année, le couvent change de visage : certains frères qui terminent s’élancent dans l’apostolat, et d’autres arrivent. Cette année reflète un visage particulièrement impressionnant : douze étudiants et quatre formateurs. Nous formons, peut-on dire, une communauté multinationale dans l’enceinte de laquelle six racines culturelles s’assoient sur un même et seul tronc. Quelle richesse ! D’un seul et même élan nous exultons de joie, émerveillés de tout ce que le Seigneur réalise dans chaque instant de notre vie. Puisse notre vie être une véritable louange de la gloire de Dieu ! Ordre séculier des Carmes Déchaux : une nouvelle page pour l’enracinement du Carmel en République Centrafricaine La présence du carmel thérésien dans le monde recouvre des formes variées. Le noyau de cette grande famille est constitué par les frères, les moniales cloîtrées et les séculiers. Ils forment tous un seul ordre avec un même charisme. Né au 15ème siècle, l’Ordre Séculier incarne ce charisme selon l’état de vie de ses membres. Appelés à vivre « dans la dépendance de Jésus Christ », les membres de l’Ordre séculier des Carmes Déchaux vivent au milieu du monde dans l’imitation et sous la protection spéciale de la Très Sainte Vierge Marie. Ils s’efforcent dans leurs multiples occupations de réaliser à travers cette « mystérieuse union au Christ » une continuelle vie d’oraison alimentée par l’écoute et la méditation constante de la Parole de Dieu, la participation à la liturgie et l’activité apostolique. Cette activité se concrétise dans leur zèle au service de l’Eglise et dans leur collaboration à l’enracinement de la spiritualité carmélitaine dans leurs communautés et milieux respectifs. Les membres de l’Ordre Séculier expriment leur intention de suivre Jésus à travers la promesse pour tendre à la perfection selon l’esprit des conseils évangéliques de chasteté, pauvreté et obéissance, ainsi que les Béatitudes. C’est donc pour vivre cet idéal que douze membres de la nouvelle fraternité dont six hommes et six femmes se sont engagés, entre les mains du Père Marcello qui les avait accompagnés durant deux ans, par la première promesse le 15 Octobre 2008, à la solennité de Notre Mère Sainte Thérèse de Jésus dans la chapelle du couvent St. Elie de Bouar. Huit autres ont aussitôt après, le 2 novembre 2008, commencé leur noviciat qui durera deux ans. Petit à petit, l’Ordre Séculier se consolide et le Carmel s’implante dans la société centrafricaine. Ces fils et filles de Thérèse de Jésus et Jean de la Croix sauront-ils montrer comment la foi chrétienne constitue la seule réponse pleinement valide aux problèmes et aux attentes de cette société ? Il y a lieu d’espérer. L’Esprit Saint qui est à l’œuvre en eux, réalisera des choses nouvelles. Qu’ils soient le levain, le sel et la lumière de ce continent que la guerre et la haine tribale déchaînent dans les ténèbres !

Fr. Gallican NDUWIMANA

PROJET DE FONDATION A GITEGA (BURUNDI)
UNE MAISON DE RETRAITE

Apostolat spirituel au service de l’Église du Burundi. Les carmes de la Délégation provinciale du Rwanda-Burundi relevant de la juridiction de la province de Cracovie (Pologne), après une présence de plus de trente-cinq ans au Burundi, ont jugé le moment venu de fonder une troisième maison qui puisse offrir au peuple et à l’Église du Burundi, un autre aspect du charisme thérésien, complémentaire aux deux autres offerts par la paroisse de Musongati et la maison de formation de Bujumbura. Il s’agit d’une maison qui serait composée d’un centre de spiritualité et d’une communauté qui serait engagée particulièrement dans l’apostolat spirituel à Gitega. Après Bujumbura, Gitega est la seconde ville du Burundi, située au centre du pays, à 101 km de Bujumbura. La ville compte un bon nombre de communautés religieuses et d’écoles secondaires. La nouvelle fondation sera une occasion d’offrir au peuple ce que ni la paroisse ni la maison de formation ne peuvent facilement rendre disponible : Un espace et un climat de recueillement où il soit possible de participer à l’oraison ; avoir des retraites, des rencontres et des sessions ; puiser de l’expérience des saints du carmel et d’autres spirituels de l’Église les dynamiques nécessaires pour structurer l’itinéraire personnel de croissance dans la foi des individus et des groupes pour le bien de l’Église et du monde, etc. La communauté de Gitega servira aussi comme témoignage dans le cadre de la promotion vocationnelle. Les jeunes qui frappent à notre porte pourront voir une communauté vivante qui exprime notre style de vie et exerce un apostolat de genre spirituel dans l’Église. PRESENCE DES CAMELITES DECHAUSSEES AU BURUNDI Une communauté contemplative selon l’esprit de Sainte Thérèse d’Ávila Le Burundi se situe au sud du Rwanda. Les deux pays ont beaucoup de choses en commun y compris la similitude de la langue et de la culture. Cependant le Rwanda comptait trois monastères de carmélites jusqu’en 1994 alors que le Burundi n’en compte aucun. Aujourd’hui il en compte deux car, après le génocide de 1994, de l’exil à Arras (France), la communauté de Remera-Ruhondo (dans le nord du Rwanda) décida de rentrer en Afrique, pas pour un retour au Pays, mais pour une fondation en Côte d’Ivoire (Logbakro près de Yamoussoukro). Trois burundaises étaient déjà carmélites. Il s’agit de la sœur Josefa qui est morte au monastère de Nyamirambo (Kigali) en 2001) et les deux autres, après avoir évolué respectivement dans les monastères du Rwanda et du Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo), appartiennent aujourd’hui aux monastères respectifs de Bruxelles en Belgique (Sr Marguerite) et de Surieu en France (sr Bernadette). Elles n’ont cessé de désirer le Carmel au Burundi et de prier pour cette intention. Quand la sœur Marguerite de Bruxelles a appris la nouvelle, elle n’a pas hésité un instant à offrir sa possibilité, et sa communauté lui a déjà concédé son autorisation. La fondation répond à un grand désir de l’Église locale du Burundi. Celle-ci n’a cessé de demander la présence des carmélites. En 1985, tout était prêt pour une fondation dans le diocèse de Gitega à la demande de feu Mgr Joachim RUHUNA (mort assassiné en 1996). Des sœurs polonaises apprenaient le français en France pour se préparer à cette fondation. Le régime politique anticlérical d’alors ne leur permit pas l’entrée au pays, Elles durent retourner dans leurs monastères respectifs en Pologne et renoncer à la fondation. Son successeur, Mgr Simon NTAMWANA, a pris la relève. Et après le consentement des Carmes de la Délégation Rwanda-Burundi de fonder une maison de retraite dans le diocèse de Gitega, c’est le Conseil économique du diocèse qui nous a vendu 11 hectares. L’acquisition du terrain a été possible grâce à un fond consenti par la province des Carmes Déchaux de Cracovie dont la mission du Burundi et du Rwanda dépend juridiquement. Des 11 hectares, quatre ont été cédés aux moniales. Malgré leurs capacités économiques très maigres, fortes de l’esprit de foi et d’une maturation communautaire de la réponse à donner à la demande reçue, les carmélites déchaussées de Cyangugu dans l’Ouest du Rwanda réunies en chapitre ont accepté d’assumer la responsabilité de la fondation du monastère de Gitega. Elles ont mis à la disposition de la fondation quatre sœurs volontaires dont la responsable, Sr Aurea Nasingizweyezu. La cinquième, sœur Thérèse Marie Redempta, provient du monastère de Kigali. Elles sont rejointes par la sœur Marguerite, burundaise, du monastère de Bruxelles (Belgique). En attendant d’atteindre le nombre de huit requis par les constitutions pour l’érection du monastère, les moniales ont déjà obtenu l’autorisation signée de Mgr Simon NTAMWANA et elles attendent le rescrit de fondation de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique. Le diocèse a accepté de vendre encore aux sœurs deux hectares pour qu’elles aient l’espace suffisant pour leurs besoins d’agriculture et d’élevage.
P. Zacharie Igirukwayo, ocd

Chroniques

Le 2-4-2008 : Chapitre provincial au cours duquel le père Albert de la Mère de Dieu est réélu provincial de la province de Cracovie.
Le 8-4-2008 : Chapitre provincial au cours duquel le Père Augustino Zoppi est réélu provincial de la Province de Gênes.

Le 8-6-2008 : Clôture de l’année académique 2007-2008 par une célébration unanime de la sainte Eucharistie présidée par le Père Raphaël MADALENA, OFM-Capucin, supérieur de la vice- province Centrafrique-Tchad. Merci seigneur pour tout ce que tu as été pour nous au cours de cette année. Telle était le centre des intentions de prière.
Le 13-6-2008 : Départ pour les vacances des frères Jean-Marie Vianney Uwamungu, Jean-Marie Vianney Sakubu et Jean-Paul Amédée Nzeyimana, pour le Rwanda et le Burundi.
Le 14-9-2008 : Profession temporelle des novices Yannick et Odilon en la chapelle des Carmes Déchaux Notre-Dame du Mont Carmel de Bimbo.
Le 20-9-2008 : L’ouverture de l’année académique 2008/2009 à la Maison d’Etudes Inter-congrégations saint Laurent de Bouar.
Le 1-10-2008 : Fête de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, conclue par la célébration de l’office divin (vêpres) avec les sœurs Oblates de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus en la chapelle sainte Marie chez les Oblates. Au fond du cœur, il y a la joie d’aimer et d’être aimé. Le thème de la méditation était centré sur la famille de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qui allait bientôt être proclamée Bienheureuse. Louis Martin et Zélie Martin ont désiré être religieux, mais la volonté de Dieu a voulu qu’ils donnent cinq religieuses.
Le 11-10-2008 : Profession temporelle des novices Béatrice et Sheilla Oblates de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, en la chapelle Saint Elie des Carmes Déchaux de Bouar. La célébration eucharistique a été présidée par le Père Prieur du Couvent Saint Elie, concélébrée par une vingtaine de prêtres venus de différents coins du Diocèse de Bouar. Des religieux et religieuses ainsi que de nombreux fidèles se sont joints aux sœurs Oblates pour offrir à Dieu ce sacrifice d’amour sans réserve.
Le 12-10-2008 : Jubilé d’or de la naissance de la congrégation des sœurs Oblates de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et 60éme anniversaire de la présence de la dite congrégation sur la terre centrafricaine. Les activités apostoliques et missionnaires des Sœurs Oblates de sainte Thérèse se résument ainsi à servir Dieu, à travers les œuvres, aussi bien missionnaires que caritatives, en suivant minutieusement le conseil de leur fondateur. Le fondateur Gabriel Martin résumait leur charisme en ces termes : « dire aux hommes que Dieu aime ses enfants d’un amour miséricordieux et être missionnaire de l’amour miséricordieux de Dieu afin d’être foyer d’amour. » A l’occasion de la messe d’action de grâce célébrée en la Cathédrale « Mère de l’Eglise de Bouar », la Mère Générale, dans son discours a exhorté ses sœurs à mettre beaucoup d’amour dans leur apostolat quotidien. En ce qui concerne la vie fraternelle, les sœurs doivent être caractérisées par le style de vie « communauté-famille » et « famille-communauté ». Son discours fut clôturé par une exhortation aux fidèles : « être l’amour au cœur de la famille chrétienne ».
Le 15-10-2008 : Solennité de notre mère sainte Thérèse coïncidant avec la promesse des membres du Tiers-Ordre. « Je vis mais sans vivre en moi, et mon espérance est telle que je meurs de ne point mourir. » Telle était la méditation qui a marqué notre Mère dans sa vie pour la perfection de son âme et de celles de ses sœurs carmélites ainsi que de ses frères qui se sont nourris de sa spiritualité.

Le 19-10-2008 : Journée mondiale de la mission coïncidant avec la béatification des parents de Sainte Thérèse de Lisieux. A Bouar la fête a été honorée par la célébration de l’Eucharistie présidée par Mgr Armando GIANI, Evêque de Bouar.
« Le seigneur m’a donné des parents plus dignes du ciel que de la terre », disait Thérèse. Aujourd’hui, l’Eglise concrétise ce grand désir de la petite Thérèse, en admettant dans le rang des bienheureux, ses parents qui sont caractérisés par l’amour de Dieu à travers une vie simple et très pieuse.
Le 1-11-2008 : La Toussaint et la profession solennelle du Frère Narcisse ZAOLO, des pères du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram.
Le 3-11-2008 : Commémoraison des Défunts au cimetière de Layolé. La célébration est présidée par son Excellence Mgr Armando Gianni, Evêque de Bouar. Dans son homélie l’Evêque a commenté l’espérance de Job : « J’en suis sûr, je verrai la bonté du Seigneur. », en ajoutant que, bien qu’il ait souffert, il n’a jamais cessé d’espérer. En plus, rien ne peut nous arracher à l’amour du Christ. C’est lui qui essuiera toutes larmes de nos yeux.
Le 5-11-2008 : Visite du Père Domenico, premier conseiller provincial, chargé de la formation dans la province de Gènes, dans les maisons respectives de formation de Bangui, de Yolé-Séminaire Enfant-Jésus, et de Bouar Saint-Elie.
Le 10-11-2008 : Conseil plénier de la délégation en présence du Père Dominique, conseiller provincial et chargé de la formation dans la province de Gènes. La rencontre des Pères de la délégation a débuté par la célébration eucharistique présidée par le Père Constantin. Ce dernier a encouragé les jeunes en formation, et a exprimé sa joie jubilaire de 25 ans de vie religieuse.
Le 14-11-2008 : Fête de tous les saints de notre ordre. La méditation du soir a été introduite par un prêche qui portait sur la signification de la sainteté dans l’Eglise en général, et dans l’ordre en particulier. Nos saints parents ne sont pas saints à cause des œuvres grandioses accomplies, mais à cause de leur témoignage de vie de communion à travers les petits services rendus avec amour.
Fr. Jean Marie Vianney SAKUBU

Monday, August 25, 2008

LIEN N° 4/2008

Bulletin d'Information
des Carmes Déchaux de la Délégation Burundi-Rwanda en RCA


EDITORAL
Dans notre dernier numéro, notre réflexion était focalisée sur la place qu’occupe la famille dans la vie chrétienne. Les défis que cette dernière nous lance sont multiples. Mais, il y a lieu d’espérer. C’est la promesse du Seigneur d’être avec nous jusqu’à la fin des temps. Pour marcher avec Lui, il nous faut une chose : accepter de ne rien posséder, de sortir de soi, de se quitter afin d’entrer plus profondément en Lui. Cet enracinement en Jésus Christ suppose une vie qui est totalement don à l’Autre, car, le cœur qui aima ne vit plus en soi mais en celui qui fait l’objet de son amour. L’amour supporte tout. C’est ce que nous dit nous dit notre sœur Elisabeth de la Trinité lorsqu’elle écrit : « Toute âme broyé par la souffrance sous quelque forme qu’elle se présente peut se dire : J’habite avec Jésus Christ, nous vivons dans l’intimité, la même demeure nous abrite » (L 314). Cette vie d’union avec Dieu ne peut se réaliser véritablement que si nous accueillons l’autre en ce qu’il est. Un tel passage ne se produit pas sans peine. D’où la nécessité de nous y exercer à travers nos œuvres de charité et notre vie de prière. La prière nous établit en communion avec ceux qui nous ont précédés dont nous sommes en quelque sorte héritiers. Elle unit l’homme à son Créateur, à son semblable et à lui-même. Dans la prière se produit comme une métamorphose de l’être, un échange merveilleux si bien que l’âme, unie à son Bien-Aimé, n’a point d’autres soupirs que de plaire à Dieu. De là découle un nouveau regard de notre vie, de notre mission. C’est ce que Saint Raphael nous apprend. S’unir à Dieu, mettre en lui toute notre confiance. Voilà ce qui nous donne la force de supporter toutes les épreuves : amour éprouvé, amour prouvé ! Thierry de l’Enfant Jésus et de la Passion, un jeune carme camerounais, mort d’un cancer il y a deux ans, nous montre que pour celui qui espère tout est possible. Dans sa souffrance, il a su se conformer au Christ. Un tel témoigne ne peut pas ne pas nous toucher, nous qui n’aimons qu’une vie loyale et noble. Puisse ce temps de Carême dont nous sommes entrés de vivre être pour tout et chacun un moment de grâce et de renouvellement. Que nos prières et nos privations nous plongent davantage dans le mystère de notre Seigneur qui n’a pas dédaigné de souffrir afin de faire de nous des enfants de Dieu. JOYEUSE PAQUES A TOUS ET A TOUTES !
Frère Gallican et tous les Frères du Couvent St. Elie à Bouar—RCA

LES VACANCES AU CAMEROUN DES FRÈRES
JEAN MARIE VIANNEY, JEAN PAUL ET VIANNEY

A l’aube de la solennité de notre Dame du Mont carmel, voici que le moment arriva de se déplacer pour un petit séjour au Cameroun. Il fallait à tout prix arriver à destination de la première étape dans un lieu où on pouvait chanter le Salve Regina. Et voilà, comme l’on dit, l’homme propose et Dieu dispose. Nous avons célébré la fête de notre Reine au centre d’accueil de Garouaboulai tout près de la frontière RCA -Cameroun. Après la pluie, le beau temps, dit le proverbe, mais loin d’abuser de langage, nous sommes arrivés à Dimako où nous avons été accueillis par les sœurs Carmélites de l’Enfant Jésus. Comme la famille carmélitaine est étendue dans tous les coins, l’oraison et la prière commune nous a prouvé une petite consolation, ceci pour continuer la route qui mène à destination. Nous n’envisageons pas de vous décrire tout le parcours que nous avons effectue, mais notre but de vous partager les expériences vécues dans l’espérance d’arriver toujours au but. La providence n’abandonne jamais ceux qui mettent leur confiance en elle. Un certain Théophile, père des Pauliniens nous a pris à bord de sa voiture jusqu’au couvent des Pères Carmes Déchaux de Nkolbison : scolasticat sous le patronage de Sainte Edith Stein. Nous n’oublierons jamais l’accueil des frères de ce couvent. Cependant un bon nombre de frères était en congé, mais voici ceux qui nous ont chaleureusement émerveillés : Père Georges, Supérieur entouré par trois postulants : Pascal Manu, Jean Baptiste et François Xavier. La visite à la tombe du Fr. Jean Thierry Ebogo et le partage que Père Supérieur de la communauté nous a fait sur sa figure nous ont fait oublier les tourments et les souffrances que nous avions endurés tout au long du voyage. La visite des Moniales du Carmel Christ Roi de Yaoundé Le deuxième jour de notre arrivée au Cameroun a été consacré à la visite des du Christ Roi, sœurs moniales implantées à ETOUDI, au centre ville de Yaoundé. Les Moniales Déchaussées de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel de Yaoundé vivent dans l’action de grâce. Qu’il est bon de contempler le Dieu Vivant avec un cœur dilaté de son amour ! Le monastère vit d’une part des secours venant de la France et les sœurs Camerounaises dont deux sœurs âgées : sœur Joséphine et sœur Marie de Jésus. La communauté se rassemble autour d’elles pour écouter leur sagesse et leurs historiettes ainsi que la relation des expériences diverses qui ont marqués leur vie. Comme elles ne voient plus, c’est grâce à la confiance qu’elles ont mise dans leurs consœurs qui leur offrent un service de charité, selon l’esprit de notre règle, qu’elles se déplacent. Pour celui qui met sa foi dans le Seigneur, rien n’est sombre devant lui. Combien il est bon de persévérer dans l’amour de Dieu. Nul ne pourrait s’émerveiller davantage en voyant la fierté brillante des visages des sœurs qui n’attendent que le jour où la voix de l’Epoux leur dira : « Venez tous les bénis de mon père recevoir le Royaume préparé pour vous avant la création du monde. » Grace à l’accueil et au partage des moniales d’Etoudi, nous avons fait l’expérience de cet esprit de communion fraternelle qui doit caractériser les fils et les filles des Saints ermites. A notre tour, comme tout Burundais et Rwandais, digne de ce nom, nous avons pris dans nos recueils un refrain doux et méditatif avec nos gestes et modes de danses pour signifier notre gratitude et glorifier le bon Dieu en ces mots : « Niba uhoraho ari amahoro yawe,Komeza inzira watangiye wicika intege wahisemo neza Nyagasani muri kumwe ». Cela nous fait comprendre que : « Nous sommes rassemblés au Carmel de tous les horizons pour établir une nouvelle parenté dans le Jésus Christ». Une famille qui n’a plus de limites et qui est ouverte à toutes les diversités !

La promesse des 150 fidèles de la paroisse de Nkoabang
Ce que nous ne pouvons nier c’est l’élan apostolique que le Carmel camerounais a déjà atteint, disons mieux est entrain de réaliser. De quoi s’agit –il ? Il s’agit de la fraternité du Tiers Ordre qui se développe dans les environs de la paroisse. En effet, la date du 29 juillet 2008, était le grand jour pour la paroisse de Nkoabang : en général pour avoir accueilli 150 fidèles comme nouveaux témoins de l’amour de Dieu et en particulier en faveur du carmel pour la fructification de la semence jetée en terre fertile par la mission. Le Tiers Ordre au Cameroun s’agrandit de plus en plus et la manière de vivre le charisme carmélitain s’enrichit davantage. Ces hommes et femmes viennent de tous les coins du Cameroun et se rassemblent fréquemment pour méditer la parole de Dieu et partager leurs expériences. Tandis qu’au cœur de chaque famille s’installe une manière de vivre la solitude et l’oraison enseignée par notre Madre. Un des tertiaires nous disait que, pour lui, le couple peut aisément faire l’oraison et la récitation des psaumes pour être en lien étroit avec les Frères Carmes Déchaux et l’Eglise. On souligne le rôle prépondérant que le Tiers Ordre peut jouer dans l’apostolat du carmel : essayer d’être le miroir des chrétiens en montrant la face de celui qui est contemplé dans l’oraison. Le carmel laïc est un enracinement vivant et engagé dans l’esprit de l’évangile et un témoignage devant le défi de l’Evangélisation actuelle. Au retour de la paroisse de Nkoabang, nous avons pu visiter la famille de Jean Thierry. De cette visite nous signalons le témoignage de sa Famille. Une famille profondément chrétienne, qui avait un grand désir de consacrer leurs enfants au Seigneur. Voilà que Thierry s’est présenté pour répondre à l’appel de Dieu et au souhait de ses parents. La maman de Thierry nous a confié que son enfant a visité une seule fois sa famille après son entrée au Carmel. Elle a enduré une grande souffrance pendant que son enfant faisait sa course spirituelle et purificatrice. Mais, pour le moment, disait-elle, je suis comblée de joie, car il nous a précédés dans la maison du Père triomphalement.

LA FIGURE DE JEAN THIERRY EBOGO DE L’ENFANT JÉSUS
ET DE LA PASSION (1982-2006)

1. Qui est Thierry ?
Il est fils d’une famille profondément chrétienne dès le début de leur vie conjugale. Son père BIKOULA René est Gardien de la paix et sa mère, ASSUENGUE EDOA Marie Thérèse, enseignante. Il est né le 04 février 1982 à Mankom (Bamenda). Baptisé dès son bas âge, il reçoit sa première communion le 29 mai 1994 à Guider(Garoua). Les notes biographiques racontent qu’il a terminé son cycle estudiantin avec un grand succès et dans un court délai. Il a senti la soif de servir le Seigneur dès son enfance. La preuve en est qu’il a refusé de commencer le second cycle au Lycée. Il voulait continuer là où il pourrait facilement répondre à sa vocation sacerdotale. Cet esprit n’est pas resté dans sa pensée, mais il l’a révélé à ses parents qui ne se sont jamais opposés à ses désirs. Pour des raisons familiales, il n’a pas pu terminer son cycle au Séminaire puisque ces derniers furent affectés à Monatelé. Il a choisi de faire son baccalauréat dans la série scientifique et l’a obtenu au lycée de Monatélé en 2002. Membre du groupe vocationnel, il fut suivi par les pères Oblats de Marie Immaculée.

2. Dans la recherche de sa vocation

Apres qu’il eut décroché son diplôme d’humanité, il entre chez eux pour ne faire qu’une année de pré-noviciat laquelle se termine par une autre orientation. Il regagna sa famille à Yaoundé. C’est là qu’il prendra contact avec les Carmes. Avec les conseils de ses guides, il demande aux Pères de Nkoabang de faire l’expérience de leur genre de vie. Dans une courte durée, il s’adapte facilement à la vie du Carmel. Il est ouvert et disponible pour faire tout ce qui est à la mesure de ses aptitudes. Ses collègues sont pris d’étonnement à la vue de son zèle et restent marqués par son exemple.

3. Thierry au Carmel
Grâce à la spiritualité carmélitaine, Thierry a pris un élan étonnant. Les figures mystiques du Carmel l’ont fasciné. Il a exprimé ceci dans le mystère qu’il choisira lors de la prise d’habit : Jean Thiery de l’Enfant Jésus et de la Passion. Ce nom se réfère à l’Enfance et aux souffrances de Jésus-Christ. C’est au cours d’un match de football, à la fin du mois de mai 2004, que le mystère de sa souffrance commença par un petit choc au pied. L’épreuve du Cancer généralisé dont il sera la proie va lui permettre de se configurer davantage à son Seigneur. Le 18 octobre 2004, on décide l’amputation du pied droit jusqu’au genou. Il donna son corps pour les vocations sacerdotales et religieuses en général et en particulier pour le carmel. Après les analyses et les examens des médecins, il fut transféré en Italie. Certes, cet envoie à l’étranger peut être considéré comme une mission. Dans sa chambre de l’hôpital de Legnano, nombreux sont les gens qui s’émerveillent et rendent grâce à Dieu au sujet de Thierry qui, au-delà de toute souffrance, ne manque pas de leur exprimer sa joie d’offrir toute sa vie en sacrifice. Le 18 novembre 2004, dans son lit d’hôpital, il commence son noviciat qu’il va achever le 08 décembre 2005 par la profession perpétuelle dans les mains du Père provincial de Milan. Voici le nom que lui-même va signer sur sa feuille de profession : Jean Thierry EBOGO de l’Enfant Jésus et de la Passion, car toute sa vie fut marquée par le mystère de l’Enfance et de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ. Il ne lui reste que quelques mois pour rejoindre son Bien –Aimé. Le 4 janvier 2006, il communie pour la dernière fois au Corps et au Sang du Christ pendant la messe célébrée dans sa chambre d’hospitalisation. Le 5 janvier 2006, Il célébrera l’Epiphanie au paradis avec Jésus Christ qui lui découvre son visage. Jean Thierry aujourd’hui entraine une foule de gens de toutes confessions religieuses qui affluent vers le lieu où il repose. La communauté de Nkolbisson se rassemble chaque samedi autour de sa tombe pour honorer la vierge Marie par la récitation du chapelet.
Fr. Jean Marie Vianney Sakubu

LA RENTREE ACADEMIQUE


Une nouvelle année, une nouvelle organisation, une nouvelle formation. » La reprise de l’année académique 2007/2008 a eu lieu le 17 septembre 2007. Comme il est de tradition, quelques jours avant l’ouverture de l’année nous avons eu une retraite de huit jours, c'est-à-dire du 17 au 26-08-2007 et l’animateur, père DORINO s.j, nous a introduit à la méditation ignacienne, parce que rien de sérieux ne peut se faire sans décision. Cette année académique a commencé avec une messe présidée par le père Agostino Bassani, directeur des études de la fraternité capucine. La journée a été marquée par une ambiance de fête et un repas fraternel à Saint Laurent. Puis les étudiants théologiens et philosophes ont joué une partie de foot contre l’équipe de la cité avec un score de trois buts à un en faveur des étudiants. Le grand séminaire rassemble cette année 50 étudiants religieux dont 22 théologiens, 21 philosophes et 7 en stage pastoral, venus de trois communautés religieuses différentes : La communauté des pères Bétherramites, les frères mineurs capucins et les frères carmes.
Fr. Jean Mari Vianney Uwamungu

REPORTAGE D’UNE SORTIE COMMUNAUTAIRE DES FRÈRES CARMES
DU COUVENT SAINT ELIE DE BOUAR À MOUNDOU AU TCHAD

Depuis le 27 jusqu’au 30 décembre 2007, un groupe des Frères Carmes de Bouar a effectué une sortie des vacances de Noel au Tchad dans le diocèse de Moundou. Ce groupe, composé de sept frères en formation, a été accompagné par le P. Frédéric un des formateurs du couvent. Cette sortie avait un double but. D’abord, il y avait à participer dans une profession solennelle des frères Capucins étudiants à la Maison d’études Saint Laurent de Bouar ; ensuite, c’était une occasion de détente en découvrant un nouveau milieu nouveau. La dite sortie a été une occasion de joie pour les frères. A notre arrivée au Tchad, nous avons été accueillis très chaleureusement par une famille d’un frère capucin. Ils ont fait pour nous tout ce qu’ils pouvaient faire et nous n’avons rien manqué en leur présence. Le 28 décembre, nous avons assisté à la célébration eucharistique présidée par Mgr Joachim, évêque de Moundou, à l’occasion de deux grands événements: la profession solennelle d’une sœur burundaise de l’Institut de Ste. Thérèse de l’Enfant Jésus et le Jubilé de 25 Ans d’une sœur Tchadienne de la même congrégation. Ce fut pour nous un avant goût de ce qui allait se passer le lendemain. Ce jour a été d’une grande joie parce que c’étaient des retrouvailles, les frères Burundais y ont rencontré d’autre Burundais, les Rwandais, d’autres Rwandais, les Centrafricains de même, etc. Le même jour nous avons visité la ville de Moundou, capitale économique du Tchad. Le jour suivant nous nous sommes rendus à la Cathédrale pour une autre cérémonie de vœux perpétuels des cinq frères capucins. Devant le Ministre vice-provincial du Tchad et de la Centrafrique, en présence de l’évêque de Moundou. Tout s’est passé dans une ambiance d’allégresse pour leur familles, pour l’ordre des capucins, et pour nous, qui étions allés les soutenir. La liturgie fut très bien animée par les chorales de la Cathédrale, la symphonie des instruments traditionnels se faisait entendre. Bref, c’était très merveilleux pour tous ceux qui étaient présents. En sortant de la Cathédrale nous sommes partis d’abord au couvent des capucins à Koutou, ensuite dans les familles des frères pour partager le repas fraternel et la joie des événements. Enfin, le 30 décembre nous nous sommes mis en route pour retourner en Centrafrique.
Fr. Jean Claude Ndatimana
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CENTENAIRES
EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

Certes l’an 2007 que nous venons de boucler ne reviendra pas. Mais ce qui est sûr et certain c’est que, les événements que les Carmes de la Délégation centrafricaine ont vécus durant cette année marquera toute leur vie et mériteraient d’avoir une page à part dans l’Histoire de cette Délégation qui a vu le jour en 1971. Tout commence avec la lettre que le Provincial de Gênes, le Révérend Père Justino ZOPPI de Jésus Eucharistie adresse aux Frères de cette délégation. Comme objet, cette lettre portait la célébration solennelle du Centenaire de «l’entrée en vie» de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité. Obéissants à leur provincial, comme ils l’ont d’ailleurs toujours été, les frères de cette délégation ont pris en considération les souhaits de celui-ci. Ils mettent en place une commission de suivi, dont le Supérieur de St Elie le Père Marcello Bartolomeo est le président. Sont membres de cette commission également le Père Constantin Kabasubabu du Saint Rosaire, vice-prieur de Saint Elie et maître des étudiants ; le Père Fryderyk Jaworski, socius du père maître des étudiants, ainsi que tous les frères de vœux solennels que comptait la maison. Il s’agissait des Frères Jean Bosco Cishahayo de l’Incarnation, Daniel Kourousou des Anges et Mesmin Dingbedi de la Sainte Famille. Sous le haut patronnage de la dite commission, plusieurs événements ont été organisés et exécutés avec le concours de tous les frères étudiants, de nos cadets de la Yole et de la jeunesse carmélitaine. Nous citerons ici entre autres, les projections cinématographiques et les documentaires sur Elisabeth de la Trinité, les soirées culturelles, sans oublier les multiples conférences et journées de réflexion sur la vie et l’œuvre de la Petite Sainte de Dijon. Ces événements ont rassemblé des centaines de personnes consacrées, laïques et prêtres diocésains. La majeure partie de toutes ces manifestations ont eu lieu dans les enceintes du Couvent Saint Elie, sis, au quartier Hermann-brousse. Je ne sais au nom de quelle ingratitude je ne mentionnerais pas ici, que le Centre Jeunes Saint Joseph a aussi accueilli en son sein d’autres manifestations. Les autres maisons des Carmes de cette délégation ont, chacune, selon ses obligations pastorales, organisée soit une conférence, soit une journée de réflexion sur la vie de la fille aînée de Monsieur Joseph Catez. Les festivités qui ont bouclé cette année jubilaire ont pris place Le dimanche 11 novembre 2007. Elles ont débuté par une Eucharistie qu’a présidée son Excellence Monseigneur Armando Gianni Evêque de Bouar. Au cours de son homélie, le président de cette Eucharistie est revenu sur les grands événements qui ont marqué la vie d’Elisabeth de la Trinité. Insistant surtout sur l’amour de l’Eucharistie qu’avait cette jeune âme de 26 ans et son désir profond de devenir un jour une demeure de la Très Sainte Trinité, Monseigneur l’Evêque a pris le soin de présenter aux centaines de fidèles qui prenaient part à cette Eucharistie la figure d’Elisabeth de la Trinité comme modèle de la Sainteté à imiter. Dans l’après midi de la même journée, le Centre Jeunes Saint Joseph accueillait une soirée culturelle organisée en l’honneur de la jeune Carmélite de Dijon. Danses traditionnelles, modernes, et poésies entrecoupées par les actes d’une pièce théâtrale ont été présentées devant un public estimé entre deux et quatre cents personnes toutes catégories sociales et âges confondus. Cette pièce, écrite par notre confrère Cyriaque Jessy-Soumbou de la très sainte Trinité, illustrait les combats quotidiens qu’a dû affronter notre sœur avant et après son entrée au Carmel jusqu’à sa naissance au Ciel. Cette pièce a été exécutée par la troupe théâtrale de la Jeunesse Carmélitaine sous la direction de leur Aumônier le Père Constantin Kabasubabu. Quels sont les fruits qu’ont produits nos efforts ? Il est trop tôt pour inventorier ce qu’ont produit toutes ces manifestations dans les cœurs des habitants de Bouar et des autres paroisses gérées par les Carmes. Par contre nous sommes fiers d’avoir porté aux oreilles des milliers de personnes, qu’en France il y a cent ans, mourait une jeune Carmélite cloîtrée dénommée Elisabeth de la Trinité, qui avait mis tout son soin à s’édifier en véritable «Maison de la Sainte Trinité». Au moment même, où nous bouclions le centenaire d’Elisabeth de la Trinité, entrait en jeu un autre centenaire. Il ne s’agit pas cette fois-ci d’une sœur, mais d’un prêtre, Joseph KALINOWSKI (1835-1907). De nationalité polonaise, Joseph entre en religion à 42 ans et prend le nom de Raphaël de Saint Joseph. Trente ans au Carmel, n’ont pas été trop courts pour accomplir de grandes œuvres. Il réforma le Carmel polonais ; il parvint à se sanctifier personnellement et à rendre le témoignage qu’un bon prêtre doit rendre. Sa vie édifiait toutes les personnes qui l’avaient connu. Il rentra dans la maison du Père en 1907. Cela fait aujourd’hui cent ans. À l’occasion de la célébration du centenaire de la mort de l’homme qui a réformé le Carmel polonais, le Préposé Général s’est adressé à tous les filles et fils de Saint Thérèse de Jésus et de Saint Jean de la Croix. Il leur demande de profiter de cette occasion unique pour faire connaissance avec la vie de Saint Raphaël, de son œuvre, ainsi que de leur impact sur le Carmel et sur le Monde. Faisant suite à cette correspondance du Père Général, et après concertation de toute la communauté, le Père Fryderyk Jaworski a été désigné pour nous aider à pénétrer la vie et surtout les oeuvres du Rescapé de la Sibérie. Ce n’est pas le hasard qui a nommé le Père Fryderyk à la tête de la Commission du Centenaire de Saint Raphaël en R.C.A. Plusieurs facteurs sont intervenus pour nous conduire à ce choix. Le plus éminent de tous, est le fait qu’il ait vécu à Wadowice (Couvent où le Saint Carme rendit son âme) pendant sept ans, d’abord comme étudiant puis comme précepteur adjoint des étudiants. Dès son arrivée à la tête de cette commission, il s’est mis tout de suite à l’œuvre. Maintenant Il a déjà préparé quatre grands tableaux illustrant la vie du Saint de la ville de Jean Paul II. Depuis le foyer familial, en passant par l’école de Génie militaire, et la déportation en Sibérie jusqu’au Carmel, aucun aspect de sa vie n’a été passé sous silence. Ce sont ces quatre tableaux qui accueillent en premier les personnes qui viennent nous rendre visite à Saint Elie, car ils sont placés juste à l’entrée du Couvent. Le père projette d’animer des conférences et des journées de réflexion sur la vie et le message de Saint Raphaël, ainsi que leur impact sur le Carmel et le monde d’aujourd’hui. Et cela, dans toutes les maisons des Carmes que compte la délégation carmélitaine en République Centrafricaine. La première de ces Conférences a eu lieu en date du 04 janvier 2008 dans l’enceinte du Couvent Saint Elie. Devant toute la communauté réunie, Abuna Fryderyk a exposé ce que sera cette année jubilaire. Il a enchainé son exposé par un bref aperçu de la chronologie de la vie du Père de la Réforme Carmélitaine en Pologne. La vie de Saint Raphaël, son message et surtout son impact sur le Carmel et le monde d’aujourd’hui sont intéressants et riches en spiritualité. Ils mériteraient d’être approfondis, car somme toute, on se rend compte que les seules conférences et journées de réflexion qu’animera le Père Fryderyk sont loin d’exploiter toute la richesse que renferme la Spiritualité «Saint Raphaëlianiste». Cependant, il est évident que toute initiative qui va dans ce sens se heurte à des barrières linguistiques. Comment les transcender ? Apprendre le polonais comme Jean-Paul II a appris l’Espagnol pour lire les œuvres complètes de Saint Jean de la Croix ? Je ne crois pas que ce soit une bonne solution. A mon avis, la stratégie la plus praticable et qui rendrait service au plus grand nombre de fidèles, c’est de traduire les Œuvres Complètes de Saint Raphaël dans les langues les plus répandues sur la surface de la Terre, entre autres le français, l’anglais, l’espagnol et pourquoi pas en Italien et d’autres ? Aussi longtemps que le gros des Œuvres de Saint Raphaël restera dans sa langue d’origine (polonais), nous aurons beau être aussi entreprenants que nous le pouvons pour faire connaître au Monde sa pensée et sa spiritualité, le fruit de nos efforts sera toujours maigre pour ne pas dire indésirable.

Fr. Jean Paul Nzeyimana


HUITIEME CENTENAIRE DE LA REGLE DE VIE

DES FRERES DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE DU MONT CARMEL

L’année 2007 a été certes riche en événements au sein de l’Ordre des Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel. Mais le plus marquant de tous les événements est sans aucun doute la commémoration du VIII ème centenaire de leur Règle de Vie. A cette occasion le Général des Carmes de l’ancienne observance et celui des Carmes réformés, dans une correspondance conjointe se sont adressés «à tous les descendants des Saints Prophètes qui ont vécu sur le Mont Carmel et porté le Saint habit de la Bienheureuse Vierge Marie». Aux Ermites du Mont Carmel, une Règle de Vie fut donnée entre les années 1206 et 1214 par Saint Albert Avogadro, Patriarche de Jérusalem. De fait, dès leur arrivée sur le Mont Carmel les frères avaient construit et dédié à la Mère de Dieu une petite chapelle où ils pourraient chanter les offices. Cela constitue une preuve solide que la dévotion mariale au Carmel n’est pas quelque-chose d’ajoutée à sa spiritualité mais est fondamentale. Plus tard la même église sera à l’origine du nom qui sera attribué aux frères. De fait par privilège apostolique les ermites du Mont Carmel, ont été appelés dès leur arrivée sur cette Montagne «Frères de Notre Dame». Mais il faudra attendre le 13ème siècle pour que la bulle pontificale «Sacrasancte Romane Ecclesiae» d’Innocent IV leur donnât officiellement cette appellation en date du 26/08/1253. En 1215, se tint le IVème concile de Latran. Par le décret «Ne Nimium religionum diversitas» ce Concile interdit l’émergence de nouveaux ordres religieux. «Quiconque voudra entrer dans la religion qu’il embrasse des religions déjà approuvées». Ainsi la fondation de nouveaux ordres religieux était devenue impossible. Certains dignitaires de l’église palestinienne profitent de cette déclaration pontificale pour rendre difficile la vie des frères qui vivaient sur le Mont Carmel. Parfois, ils allaient jusqu’à les menacer de mort sans exclure l’éventuelle probabilité de les renvoyer de la Terre Sainte. Devant cette menace, les Carmes recourent à l’Autorité Pontificale d’Honorius III. Ils le prient de confirmer par un document officiel la légitimité de leur existence. En date du 30/01/1226, le souverain pontife réagit par une bulle pontificale. Dans cette bulle le Pape reconnaît que la présence des ermites carmes au pied du Mont Carmel est antérieure au concile général de Latran IV. Comme conséquence : ces frères peuvent garder et professer la règle que le Saint Patriarche de Jérusalem leur avait donnée bien avant l’événement de 1215. La règle des Carmes devait subir sa première modification, trois ans après l’approbation du Pape Honorius III. De fait, le Pape Grégoire IX, par une bulle pontificale, transcrit littéralement dans la règle des Carmes une partie de la constitution des Dominicains. Cette retouche du Pape éloigne un tout petit peu les Carmes de leur idéal monastique. En effet, par cette fameuse bulle les Carmes perdent le droit de propriété terrienne ce qui troubla leur stabilité monastique. Rappelons ici que les autres ordres monastiques plus anciens que le Carmel tel que la Chartreuse gardaient ce droit. Devant la volonté du Souverain Pontife les Carmes n’ont d’autres choix que de se tourner vers l’état de vie des Ordres Mendiants qui viennent à peine de voir le jour. Aux environs des années 1238, la situation sécuritaire en Palestine va de mal en pis. Devant cette situation critique certains de nos frères demandent d’émigrer dans leurs pays d’origine(Europe) où ils pourront vivre en toute sérénité l’idéal carmélitain. Le chapitre, tenu sur le Mont Carmel, donna son feu vert aux religieux qui tenaient à rentrer au bercail. Une fois arrivés en Europe, les Carmes furent mal accueillis presque par tout le monde. Du haut clergé jusqu’aux simples chrétiens en passant par le bas clergé et les princes, personne ne voulait voir les Carmes, même en fermant les yeux. A quoi était dû ce cauchemar ? A la base il y avait la Règle. De fait, cette Règle ne leur permettait pas d’avoir de propriétés terriennes dont l’exploitation pourrait subvenir à leurs besoins matériels. A la limite, cette Règle leur permettait d’ériger de nouveaux couvents, mais sous conditions : les établir toujours dans des lieux déserts. Somme toute, l’avenir du Carmel semblait incertain. La misère était devenue l’unique compagne quotidienne de nos frères. Petit à petit, les frères se rendent compte que leur manière de vivre ne répond plus aux besoins d’une Europe du XIIIème siècle. Alors que faire pour sauver le Carmel ? Il faut un Chapitre qui permettrait au Carmel de sortir de l’impasse. C’est dans ce sens que fut appelé à Aslesford en Angleterre le premier chapitre général de l’Ordre probablement en 1247. A l’ordre du jour : évaluer la situation générale de l’ordre et étudier les changements à y introduire pour que l’ordre soit à la hauteur des besoins du peuple et de l’Eglise européenne du XIIIème siècle, et par dessus tout, permettre aux Carmes de vivre leur idéal au sein de cette société en profonde mutation tant culturelle qu’économique. Au sortir de ce chapitre, une ambassade fut envoyée auprès du Pape Innocent IV, qui résidait, à cette époque là, à Lyon. Les envoyés des frères Carmes demandent au Pape l’autorisation d’adapter leur règle aux besoins de la réalité européenne. Pour trancher cette question, le Pape mit en place une commission pilotée par deux frères prêcheurs. C’est ainsi que fut fixé le texte définitif qui règle la vie religieuse au Carmel tel qu’il est en vigueur jusqu’à l’heure actuelle. Par une Bulle Pontificale, «Quae Honorem Conditoris» le Pape Innocent IV approuve ce texte solennellement en date du 1/10/1247. La brièveté, l’équilibre et la densité qui caractérisaient le premier texte furent en tout respectés ainsi que les nombreuses citations de la Sainte Ecriture qui jalonnaient ce texte. Cela pour dire que «l’esprit et la substance de la règle primitive ont été respecté». Les seules modifications qui y sont apportées ne visaient que des structures extérieures qui permettraient aux frères de Notre Dame du Mont Carmel de vivre leur idéal de vie consacrée au sein d’une société en mutation profonde. En substance la règle que nous professons aujourd’hui est la même que les premiers Carmes ermites professaient il y a huit siècles. A l’occasion de la célébration du huitième centenaire de cette règle, les Généraux des Frères Carmes et des Carmes Déchaux se sont adressés à tous les fils et filles du Carmel dans une correspondance conjointe. Dans cette lettre, les Généraux se sont abstenus de dresser un bilan de ce qu’a été la vie au Carmel depuis la réception de cette règle jusqu’à aujourd’hui. Au contraire, ils ont mis tout leur soin à rappeler à tous les enfants de la Vierge Marie du Mont Carmel de venir se ressourcer à cette fontaine intarissable «Chers frères nous voudrions vous convoquer symboliquement au pied de la montagne en Union avec cette nuée de témoins qui au long de ces huit siècles ont puisé leur vitalité spirituelle à cette même source afin de renouveler notre alliance de fidèle service et d’obéissance totale à Jésus-Christ». Ce retour à la source, comme nous le montre la suite de cette correspondance, n’est possible que s’il est accompagné d’une volonté ferme de s’identifier et de se soumettre à Jésus, centre de notre Règle et de toute la vie carmélitaine. De fait, l’existence d’un oratoire au milieu de nos couvents ne signifie rien d’autre que cette volonté de vivre dans la dépendance du Christ en faisant de l’Eucharistie la clé qui ouvre et qui ferme nos journées de travail. La Règle appelle à faire durer cette Eucharistie tout au long de nos journées par une méditation assidue de la Parole de Dieu, afin que dans une solitude spirituelle et dans le silence nous soyons habités par la Parole de Dieu. Cette loi n’est pas hors de notre portée humaine, en témoignent des milliers de frères qui ont consumé toute leur vie dans l’observance farouche de cette règle. Pour cela, nous tous, filles et fils de Notre Dame du Mont Carmel nous sommes appelés à imiter la vie qu’ont menée nos Saints Parents en encrant profondément le mystère de l’Eucharistie dans notre vécu quotidien pour qu’elle éveille en nous des saintes pensées. Personne ne se fait Carme pour lui-même. Les Carmes sont avant tout des fils de l’Eglise et sont appelés, non seulement, à l’aimer comme une Mère, mais aussi à la faire aimer aux autres. Dans l’expérience mystique nous devons puiser la force qui dilate nos cœurs et doit nous porter à la propagation de la parole de Dieu, nous rappellent les Généraux. En imitation aux Saints du Carmel, les Généraux nous ont appelés, encore une fois de plus, à aimer notre prochain, surtout à nous soucier du bien de leurs âmes au prix de n’importe quel sacrifice. N’est ce pas notre Sainte Mère Thérèse de Jésus qui disait qu’elle n’hésiterait aucune seconde à sacrifier mille âmes pour en sauver une seule ? Cela veut dire que la prière carmélitaine doit avant tout être apostolique. Elle doit être une manière ou une façon de transmettre aux autres les richesses spirituelles que nous puisons dans une oraison perpétuelle. L’oraison perpétuelle est la seule arme à la disposition des Carmes avec laquelle nous pouvons nous engager dans la lutte d’édification d’un monde juste, fraternel et amical, valeurs auxquelles le monde d’aujourd’hui accorde une place très limitée. Notre Dieu mérite certes un chant d’action de grâce pour tout ce qu’Il a fait et fait encore pour le Carmel. Mais quelle est la meilleure façon de le faire ? Désirer être remplis d’amour et de passion pour le Seigneur à l’exemple de nos saints parents pour être habités par la parole de Dieu. Vivre dans la dépendance du Christ, est et restera pour toujours la meilleure façon de rendre grâce à Dieu pour le bien qu’Il a fait au Carmel et à ses enfants depuis huit siècles.
Fr. Jean Paul Nzeyimana